Edito d’Art : Omnithéâtre. Saison 2012-2013 : du rire, de la politique et de l’émotion.
Est-il encore besoin de vous présenter le formidable humour musical de « La Framboise Frivole », ce duo unique en son genre, qui au départ de la Belgique a séduit la France puis l’Europe entière ? Peter Hens et Bart Van Caeneghem nous reviennent avec un tout nouveau spectacle « Delicatissimo » .Aux phares de la musique classique, Bach, Chopin, Ravel, où ils excellent tels des jongleurs, ils mélangeront des hits de la musique pop contemporaine, celle des Rolling Stones, de David Bowie, Jean-Jacques Goldman ou Florent Pagny. La Framboise sera plus frivole que jamais, avec toujours ce génie comique et cette merveilleuse virtuosité.
Idem pour « Sois belge et tais-toi ». Cette équipe de talentueux amateurs, menée par les Rémy père et fils, imitent comme personne nos stars de la politique et illustreront à ravir, on le sait d’expérience, les événements qui, d’ici à l’an prochain, auront fait le quotidien de notre pays. Leur spectacle est devenu incontournable. Autodérision et sagacité seront au rendez-vous.
De politique il sera aussi question, mais sous forme de boulevard cette fois dans « Panique au Plazza ». La joyeuse équipe de la Compagnie des Galeries, les Poncelet, Racan, del Rio, Godisiabois, Pigeolet et autres nous entraîneront chez nos voisins d’Outre Quiévrain, pour suivre dans un grand hôtel les aventures nocturnes d’un ministre de la majorité avec une attachée de presse du parti de l’opposition, au moment où il devrait être à l’Assemblée nationale.
Les questions de l’immigration, de l’intégration et du conflit des générations, sont des sujets politiques et sociologiques. Le tour de force de l’auteur du « Squat », Jean-Marie Chevret est de les aborder de front, avec un vocabulaire franc et sans détour, dans une irrésistible comédie où deux sœurs d’âge mur, rentrant plus tôt que prévu de vacances, se trouvent face à un couple de jeunes immigrés squattant leur bel appartement bourgeois. L’impossible cohabitation prendra une toute autre tournure. Colère et tendresse se succèderont. Une pièce à message avec, entre autres, les excellentes Marion Game et Geneviève Fontanel pour interprètes et assurément avec le rire comme messager.
Il est de l’essence même du théâtre de caricaturer ou de stigmatiser des situations, des comportements, de refléter la vie sous de multiples costumes avec de multiples artifices sans cesse renouvelés et on le voit, la politique n’y échappe pas. Cependant il est extrêmement rare que la vraie politique, l’histoire contemporaine en tout cas y soit contée. Or tel est le propos de « Démocratie », une pièce du britannique Michael Frayn qui résume en deux heures une période de cinq années importantes pour l’Allemagne moderne: de l’arrivée au pouvoir à la chute du Chancelier Willy Brandt, artisan du rapprochement de la RFA et de la RDA. Une pièce politique avec dix comédiens, où la trahison tient la vedette. Ici, ni rire, ni sourire, mais des faits historiques illustrant comment la réalité peut dépasser largement la fiction !
La chute d’un homme ou d’une femme est toujours un drame humain. « Opening night » vous contera celui d’une star déchue, ravagée par l’alcool, Fanny Ellis. Cette actrice grandiose s’apprête à remonter sur scène: c’est l’heure du bilan de sa vie et celle de la dernière chance. L’heure de vérité. Marie-Christine Barrault, vibrante et magnifique dans ce rôle, nous dévoile les secrets des loges.
Belle saison à toutes et à tous.
Jacqueline ROUSSEAUX
Présidente du CCU
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